En congé du 24.12.2021 au 11.01.2022

Cabinet de Psychologie Samantha Rizzi

Comment éviter le burnout autistique?

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burnout autistique

Vous savez certainement ce qu’est un burnout professionnel. C’est cet épuisement qui survient suite à une période de stress intense lié au travail. 

Le burnout autistique lui survient également suite à un stress intense. Mais ce stress peut survenir après une surstimulation sensorielle, un trop plein d’émotions ou des attentes trop élevées du monde neurotypique (non autiste).

Je vous livre les différences, comment détecter les signes, ainsi que des manières d’y remédier.

1. Qu’est-ce que le burnout autistique?

Le burnout ou l’épuisement autistique est un épuisement généralisé et à long terme (généralement plus de trois mois).

Il résulte d’un stress chronique de la vie et d’une inadéquation entre les attentes et les capacités sans soutien adéquat (Raymaker et al., 2021).

Il se caractérise par :

  • un épuisement mental, physique et émotionnel
  • une réduction de la tolérance aux stimuli
  • une diminution des fonctions exécutives

Ceci peut donc contribuer à une difficulté à gérer les émotions (dont l’anxiété).

Ceci peut à son tour augmenter certains traits autistiques, comme les comportements répétitifs et l’inadaptation aux changements.

2. Les signes d’un burnout autistique

Les signes du burnout varient d’une personne à l’autre. Je vous ai regroupé les plus communs :

  • sensibilité augmentée face aux sons, au toucher ou autres sens
  • irritabilité et anxiété augmentée
  • diminution de la capacité à parler, socialiser
  • grande fatigue, maux de tête
  • difficultés de mémoire
  • difficultés de concentration
  • perte de motivation
  • difficultés à commencer une tâche
  • difficultés à changer de tâche
  • difficulté à gérer les émotions
  • changement de sommeil
  • difficulté à récupérer
  • augmentation de traits autistiques
  • problèmes digestifs

Le burnout autistique est l’un des effets secondaires du camouflage (masking), de la surstimulation sensorielle externe (sons, lumières etc.) ou interne (émotions, sensations physiques) et des attentes par rapport au monde neurotypique.

Il est supposé que les personnes ayant des capacités cognitives et linguistiques plus développées sont plus enclines à ce genre de phénomène en raison

  • des difficultés d’accès au soutien,
  • d’une tendance des personnes de leur entourage à minimiser leurs difficultés,
  • et une tendance à se tenir à des normes neurotypiques.

De plus notre corps a tendance à ressentir plus de stress que les neurotypiques ET il nous faut plus de temps pour nous remettre d’événements stressants.

Comment donc y remédier?

3. Stratégies pour remédier au burnout autistique

Afin de pouvoir gérer le stress, il est primordial de savoir reconnaître nos stresseurs (ce qui fait que nous sommes stressés) et ce qui marche pour nous pour récupérer.

La connaissance de soi est essentielle à cet égard, savoir quels sont vos déclencheurs et être en mesure d’identifier les premiers signes d’épuisement (voir checklist).

Diverses choses peuvent déclencher un burnout autistic  :

  • la surcharge sensorielle
  • la gestion des situations sociales
  • le camouflage des traits autistiques
  • la suppression des stims (stratégies de stimulations)
  • les attentes trop élevées de l’entourage ou de nous-mêmes
  • les changements de routine

Voici des conseils pour prévenir le stress.

Fixez des limites

Sachez que vous ne pouvez pas comparer votre niveau d’énergie aux personnes neurotypiques. C’est impossible de par la spécificité de notre cerveau.

Communiquez donc clairement vos besoins aux autres. Ces derniers ne peuvent en effet pas lire dans vos pensées 😉

Si vous avez donc moins d’énergie à participer à un événement social, dites-le.

Vous êtes submergé par les attentes de votre supérieur? Communiquez-le!

Vous avez besoin de temps pour digérer ce que votre partenaire vient de vous dire? Dites-le lui!

Apprenez à dire non! Si vous avez peur de faire du mal à l’autre ou de le mettre en colère, sachez que la plupart du temps ce n’est qu’un sentiment. Et puis même si cela est le cas, ce n’est pas votre problème!

Appliquez la théorie des cuillères

La théorie des cuillères (Spoon Theory) a été créée à l’origine par Christine Miserandino lorsqu’elle a été interrogée sur sa maladie chronique.

Vous pouvez vous imaginer que avons des cuillères sociales, des cuillères de langage, des cuillères d’activité physique et toutes sortes d’autres cuillères.

Ces dernières sont notre équivalentes au coût d’énergie.

En fonction de notre handicap et de la façon dont la vie se déroule en ce moment, chacun de nos tiroirs à cuillères est garni un peu différemment. En général, cependant, la plupart des gens ont plus de cuillères dans certains domaines et moins dans d’autres.

À long terme, l’identification du coût des activités devient une stratégie de conservation cruciale.

Une activité sociale coûtera plus de cuillères si nous devons porter des vêtements inconfortables ou si nous ne pouvons pas faire de pause.

De la même manière, une activité similaire peut coûter moins cher en cuillères en étant accompagné de quelqu’un qui peut intervenir à notre place.

Demandez de l’aide!

En tant qu’autistes, nous avons souvent du mal à demander de l’aide. Que ce soit à cause de la honte, à cause du fait que nous voulons être des personnes autonomes et indépendantes, à cause de croyances limitantes etc.

La réalité c’est que ces croyances nous empêchent d’assouvir nos besoins et empêchent les autres de savoir que nous avons besoin d’un coup de main.

De la même manière, n’ayez pas honte de faire appel à un casque anti-bruit, des lunettes de soleil, vos jouets préférés pour vous stimuler ou vous calmer (dans mon Guide j’ai donné des exemples d’accommodations).

Gérez vos émotions

Je vous invite à consulter mon article sur la gestion des émotions.

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