En congé du 24.12.2021 au 11.01.2022

Cabinet de Psychologie Samantha Rizzi

Autisme : diagnostic selon le DSM-V

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diagnostic autisme

Comment diagnostiquer l’autisme? Comme j’ai pu le décrire dans mes autres articles, si l’on connaît un autiste, on ne connaît réellement qu’un seul autiste. En effet, chacun a sa propre personnalité et ses propres spécificités. Néanmoins, il existe des caractéristiques communes à chaque personne autiste.

Le système de classification du DSM-V, qui est le manuel de diagnostic et statistique des maladies mentales, parle de 5 blocs de critères différents.

Quels critères sont obligatoires et lesquels sont possibles sans être nécessaires au diagnostic? Nous allons les aborder ensemble.

Bloc 1

Dans le bloc 1 tous les critères doivent êtres présents. Les voilà :

a. des déficits dans l’interaction réciproque socio-émotionnelle et/ou dans la communication directe et verbale

Ce critère peut s’exprimer par le fait d’avoir du mal à montrer de l’intérêt pour une autre personne, de partager avec cette dernière ses intérêts et ses besoins.

Les personnes autistes peuvent également avoir du mal à maintenir la conversation ou à changer de perspective en arrêtant de parler de leurs propres thèmes.

Ça peut aussi être le fait de ne pas comprendre les règles sociales, comme par exemple faire un cadeau à quelqu’un en retour. 

b. des décifits dans la communication non verbale

Les personnes autistes ont du mal à reconnaître les émotions et les besoins chez une autre personne ou chez elles-mêmes.

Elle peuvent aussi se comporter d’une manière différente par rapport à leur ressenti intérieur.

c. des problèmes pour fonder des amitiés et pour les garder

Les personnes autistes ont du mal à engager la conversation ou la garder. Ils ne savent souvent pas comment s’y prendre pour entrer en communication. 

Elles ne savent pas comment faire du bavardage en société et ont du mal à savoir quelles informations il vaudrait mieux éviter avec telle et telle personne. 

Les personnes autistes n’ont pas besoin de prendre des nouvelles juste pour prendre des nouvelles. Si elles ont besoin d’aide, elles appellent. Sauf que pour la plupart des personnes cela peut paraître égoïste si on leur demande de l’aide alors que l’on n’a pas eu de nouvelles pendant 1 an.

Bloc 2

Pour ce bloc, il y a un minimum de 2 critères qui doivent être remplis.

a. l’utilisation stéréotypée et/ou répétitive d’objets, de langage ou de mouvements

Stéréotypé veut dire pas dans la norme. 

Exemple de mouvements : se balancer, sautiller de gauche à droite, flapping (taper dans les mains) etc.

Exemple d’utilisation d’objets : les classer selon la taille, la couleur etc.

Exemple de langage : utiliser de façon répétitive des tournures et des expressions

b. des rituels et/ou des problèmes dans le changements des routines

Ces rituels ne sont pas fonctionnels, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas de but spécifique : le fait de se brosser les dents tous les soirs n’en fait donc pas partie! C’est le fait de refaire encore et encore le même parcours pour aller à l’école/travailler. S’asseoir sur la même chaise. Relire le même roman encore et encore etc. 

Ce sont des choses que l’on ne peut s’empêcher de réaliser : si l’on se lève à la même heure et prend la même route pour aller au travail alors que l’on se trouve en télétravail. Ou bien si l’on doit prendre sa douche 2 fois par jour, sinon on ne fonctionne pas. 

Ça peut également être des changements dans l’environnement qui tracassent énormément les personnes autistes. Comme par exemple le fait que leur restaurant préféré change de décoration etc.

c. des intérêts anormaux par leur intensité ou par leur sujet

Les personne autistes peuvent de façon très intense à un sujet : elles consacrent alors plusieurs heures par jour à leur domaine de prédilection. Si l’intérêt spécifique est la statistique par exemple, et la personne autiste travaille dans ce domaine, elle va continuer à travailler là-dessus même en vacances par exemple. 

La plupart du temps, elles vont s’intéresser à un sous-domaine particulier, comme par exemple l’architecture des pays scandinaves dans les années 1980. 

d. hypo-ou hypersensibilité sensorielle

Les personnes autistes peuvent avoir une sensibilité trop forte ou trop faible à certains stimuli sensoriels. 

Exemples : des maux de tête en voyant des lumières scintillantes ; des sons particuliers que l’on n’arrive plus à distinguer ou filtrer ; le fait de ne pas sentir la douleur etc. 

Blocs 3, 4 et 5

Les critères de chacun de ces blocs doivent être remplis.

3. Les symptômes doivent être présents dès la naissance

Les autistes très intelligents arrivent à compenser/à masquer leurs différences, mais c’est souvent quand un stress important vient perturber le fonctionnement, que cela devient compliqué. Par exemple la transition de l’école vers la vie adulte, vers l’emploi. On sort alors d’un cadre protégé où il ne sera plus possible de masquer.

Si les critères ne sont pas présents dès le début, les comportements sont reliés à autre chose, comme par exemple une phobie sociale ou une hébéphrénie etc. 

4. Les symptômes doivent être cliniquement significatifs

Les symptômes doivent engendrer une détresse importante dans la vie quotidienne. On doit avoir besoin d’aide ou d’aménagements pour mener une vie normale. 

5. Il ne doit pas y avoir d’autres explications

Les symptômes ne doivent pas s’expliquer par une autre cause, comme par exemple une déficience intellectuelle, un autre trouble du développement ou un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H).

Conclusion

N’hésitez pas à me contacter en cas de questions, je serai ravie de répondre à vos questions.

Si vous souhaitez avoir de plus amples informations sur le syndrome d’Asperger, l’autisme chez les femmes ou les premiers signes de l’autisme, n’hésitez pas à jeter un oeil. 

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