
Vous souhaitez mieux comprendre les difficultés de communication entre personnes autistes et non-autistes ? Le concept de double empathie apporte un éclairage nouveau sur la relation entre autisme et communication. En tant que psychologue spécialisée en autisme et concernée par la neurodiversité (AuDHD), je vous propose des conseils pratiques pour dépasser les incompréhensions.
Sommaire
Qu’est-ce que la double empathie ?
La double empathie est une théorie introduite par Damian Milton en 2012. Elle décrit la difficulté réciproque de compréhension entre personnes autistes et neurotypiques : chaque groupe a ses propres codes, références et modes de communication, ce qui peut entraîner des malentendus mutuels.
« Lorsque des personnes avec des expériences du monde très différentes interagissent, elles auront du mal à s’empathiser mutuellement. »
— Damian Milton
Pour approfondir : Résumé vulgarisé de la théorie par Reframing Autism
Pourquoi la double empathie est-elle essentielle pour comprendre l’autisme ?
Cette théorie remet en cause l’idée reçue selon laquelle les personnes autistes seraient « naturellement déficientes » en empathie. Les recherches récentes montrent que les personnes autistes communiquent souvent très bien entre elles, mais que les difficultés apparaissent surtout dans l’interaction entre neurotypes.
Exemples concrets :
En consultation, une personne autiste peut sembler peu expressive, alors qu’elle exprime ses émotions différemment.
En famille, un intérêt spécifique peut être mal compris, voire jugé envahissant.
À l’école, un enfant autiste peut avoir du mal à décoder les règles implicites.
Pour aller plus loin sur l’impact de l’adaptation sociale : Le masking chez les neurodivergents
Conseils concrets pour améliorer la communication entre neurotypes
1. Utiliser un langage clair, direct et sans ambiguïté
Privilégiez les phrases simples, évitez les métaphores ou sous-entendus. Par exemple, dites « Peux-tu fermer la porte ? » plutôt que « Il fait un peu frais ici… »
2. Proposer des choix concrets plutôt que des questions ouvertes
Les questions trop larges peuvent être source de stress. Préférez : « Tu préfères aller au parc ou à la bibliothèque ? » plutôt que « Qu’est-ce que tu veux faire aujourd’hui ? »
3. Laisser du temps pour répondre
Respectez les temps de réflexion, sans interrompre ou relancer trop vite. La patience est essentielle pour permettre à chacun de s’exprimer à son rythme.
4. Observer et valider les modes de communication non verbaux
Certaines personnes autistes expriment leurs émotions par des gestes, des objets ou des centres d’intérêt spécifiques. Accueillez ces formes d’expression comme légitimes.
5. Adapter l’environnement
Réduire les sources de stress sensoriel (bruit, lumière forte) facilite la communication. Un cadre apaisant permet à chacun de mieux se concentrer sur l’échange.
6. Encourager les interactions entre pairs neurodivergents
Les échanges entre personnes autistes sont souvent plus fluides et gratifiants. Facilitez ces rencontres, en particulier pour les enfants ou adolescents isolés.
7. Pratiquer l’écoute active et la reformulation
Montrez que vous écoutez : reformulez ce que l’autre vient de dire pour vérifier votre compréhension et éviter les malentendus.
8. Sensibiliser l’entourage
Partagez les concepts de double empathie et de masking avec la famille, les enseignants, les collègues. Plus l’entourage comprend ces notions, plus la communication s’améliore.
9. Valoriser les forces et les intérêts spécifiques
Mettez en avant les atouts de la personne autiste, ses passions ou ses compétences particulières. Cela renforce l’estime de soi et favorise des échanges positifs.
10. S’inspirer de l’expérience vécue
En tant que psychologue et personne AuDHD, j’observe chaque jour l’importance d’un accompagnement individualisé, qui prend en compte l’histoire, les besoins et les limites de chacun.
FAQ
Qu’est-ce que la double empathie en autisme ?
C’est la reconnaissance que les difficultés de communication entre autistes et non-autistes sont dues à un manque de compréhension mutuelle, et non à un déficit d’empathie d’un seul côté.
Les personnes autistes manquent-elles d’empathie ?
Non. Elles peuvent ressentir et exprimer l’empathie différemment, mais ne sont pas dépourvues d’émotions ou de compassion.
Comment mieux communiquer avec une personne autiste ?
Privilégiez la clarté, posez des questions fermées, respectez les différences de rythme et d’expression. L’écoute active et la bienveillance sont essentielles.
Pourquoi les neurotypiques et les autistes se comprennent mal ?
Parce qu’ils n’utilisent pas toujours les mêmes codes sociaux, références ou modes d’expression. La double empathie invite à reconnaître cette différence et à chercher des ponts de compréhension.
Conclusion
Adopter une approche neuroaffirmative permet de dépasser les préjugés et d’améliorer la qualité des relations entre autistes et neurotypiques. Explorez d’autres ressources sur la neurodiversité ou sur le masking pour approfondir votre compréhension.
Vous souhaitez partager votre expérience ou poser une question ? Laissez un commentaire ou contactez-moi pour un accompagnement personnalisé.


